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Costeño Social : l’éducation, l’environnement et le surf.

· Interviews,by Chloé Valls,📷 Mathilde Metairie

Notre discussion avec Carlos et Miky, membres de Costeño Social, l'association partenaire de Paddle-paddle en Colombie.

À l’origine de ce Costeño social, une bande d’amis passionnés par le surf et tombés amoureux de la région, mais surtout Juan, professeur d'EPS et conseiller d'éducation. Cette association située au nord de la Colombie, entre la Sierra Nevada de Santa Marta et la mer des Caraïbes, dispense des cours aux enfants et adolescents des communautés locales. L'idée : éviter le virage de la délinquance et de proposer une éducation libre. Anglais, mathématiques, biologie, surf, yoga et cuisine, le programme d’éducation articulé autour de l’écologie impacte directement leur épanouissement et leur prépare un réel avenir professionnel. Nous avons discuté avec Carlos, psychologue, et Miky, restaurateur. Tous deux membres de l’association et professeurs de surf.

Quel type d’éducation mettez-vous en place avec les enfants ?

L'idée est d’enseigner les matières classiques, les arts, le sport, à travers la réalisation de projets concrets en accord avec l’environnement. En ce moment, nous construisons une école de surf sur la plage. Nous avons sollicité les enfants pour qu'ils approfondissent leurs connaissances en mathématiques et en développement durable, notamment à travers la charpenterie. Ils participent au chantier et voient l’école sortir de terre. En donnant les cours de surf aux touristes avec nous, ils pratiquent leur anglais, apprennent à transmettre et prennent confiance en eux. On explique aussi aux touristes les caractéristiques locales et sociales de la région. Daniel, notre biologiste, donne des cours sur la vie des oiseaux et des plantes locales. Il y aborde la question de l’écologie, du temps, de l’humilité, en lien direct avec l’environnement proche des enfants. Ces différentes activités permettent aussi de préparer leur avenir professionnel, en leur montrant les alternatives d’emplois qu’offre leur région.

Vous êtes en train d’agrandir votre capacité d’accueil, pouvez-vous nous expliquer ce projet ?

Au début les activités prenaient place à Costeño Beach, l’hostel où tout a commencé. Mais le va-et-vient de touristes empêchait le bon déroulement des activités. Nous voulions un cadre serein et stable pour les enfants, un espace spécialement préparé pour eux, afin d’être le plus régulier possible dans le suivi de chacun. C’est à ce moment-là que le projet a pris une nouvelle ampleur. Nous nous sommes lancés et avons investi nos économies. Notre nouveau terrain est en pleine nature, sur une colline entre la jungle et l’océan. Nous avons maintenant un espace pour les langues, la culture et les arts, un autre pour le yoga, pour les cours de cuisine, que nous agrandissons petit à petit. Nous faisons attention à chaque étape. Malgré notre expérience, nous ne sommes pas nés ici, et nous veillons à agir de manière adéquate avec les enfants, les habitants et l’écosystème qui nous entoure. Le but ultime serait d’être une école alternative à temps plein. Nous grandissons de manière “organique” comme on dit ici. Petit à petit et en accord avec ce que nous offre l’environnement. Cela correspond à la manière dont nous enseignons.

Un moment de la mission avec Paddle-paddle qui vous a particulièrement marqué ?

Au début de la mission, il y avait beaucoup de réunions pour préparer les actions que nous allions mener. J’étais réticent à l’idée de donner autant de temps à la préparation. Ça a finalement permis à ce que nous ayons une équipe soudée et les enfants se sont sentis en confiance. J’ai été surpris par leur attitude lors des interviews pour le documentaire sur la mission. D’habitude ils sont excités et farceurs. Mais ils ont adopté un ton sérieux et se sont exprimés avec aisance. Ça semblait leur tenir vraiment à cœur. Ils m’ont soufflé. Leurs mots sont puissants.

Comment financez-vous vos actions ?

Avant la pandémie, nous recevions des donations régulières des hôtels locaux, donnions des cours de surf aux touristes et leur offrions une expérience Airbnb. Mais tout s’est arrêté. Nous avons également un système de parrainage pour les enfants, afin que des particuliers à travers le monde puissent participer au financement de leur éducation. Mais cela ne suffit pas et l’association vit actuellement de nos économies. La pandémie nous a obligés à nous remettre en question et à clarifier notre vision ainsi que nos stratégies de financement. Nous réfléchissons à différentes alternatives. Nous allons notamment lancer une vaste campagne de crowdfunding.

Quels sont les autres défis éducatifs auxquels vous faites face ?

D'habitude, nous avons une quarantaine d’enfants qui assistent aux cours. Seulement 20% viennent toute l’année, tandis que les autres ne restent que pour six mois. La raison principale est la mobilité des familles pour des raisons économiques. Cela rend difficile l'implication des enfants sur le long terme. La situation s’est aggravée avec la pandémie. Nous n’avons plus le droit de les recevoir à l’école. Il faut se rendre compte qu’ils n’ont ni ordinateur ni internet à la maison. Nous leur donnons des exercices et des activités à faire chez eux, mais honnêtement la possibilité de suivi est quasi nulle. Nous espérons pouvoir les recevoir en petits groupes prochainement.

Merci Carlos et Miky d'avoir répondu à nos questions. Retrouvez Costeño Social sur Instagram, sur leur site web, directement au cœur de la jungle colombienne de Santa Marta, ou dans notre vidéo « Yeré » tournée lors de notre visite :

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